Communication et environnement : ça commence à bien faire ?

Les organisations de protection de l’environnement voient leur financements publics baisser. Premier poste à en pâtir : la communication.

J’ai eu récemment l’occasion d’échanger avec un responsable d’une grande institution de protection de l’environnement. Communiquer est l’une des missions de son organisation. Mais, de son propre aveu, c’est de loin la plus négligée.

Le fait est que cette respectable organisation voit ses moyens fondre comme neige au soleil. L’État, gros financeur, a baissé ses crédits de manière considérable. Les collectivités locales cherchent à ne pas trop diminuer leur soutien, mais elles répercutent quand même la baisse des dotations qui les afflige.

Communication : la portion congrue

OrchideePour une organisation environnementale, la communication est bien une mission importante. Il faut divulguer les études auprès des spécialistes, sensibiliser le public, faire évoluer les comportements… Or, notre directeur s’afflige de réduire cette fonction à la portion congrue : il doit se contenter de dresser en interne le rapport littéral de son activité pour que ses financeurs n’aient pas l’impression de jeter par les fenêtres le peu d’argent qui leur reste. Et assurer, tout au moins, la pérennité de ses postes salariés.

Un autre cadre de la conservation des milieux me faisait part de son profond pessimisme, paradoxalement, suite à l’adoption de la loi sur la biodiversité. Il craint que le triptyque « éviter, réduire, compenser » ne réduise le rôle des environnementalistes à donner bonne conscience aux grandes sociétés du BTP qui les utiliseraient comme simples prestataires de la compensation de dégâts causés par ailleurs.

Un rôle de premier plan

La question de l’environnement n’est pas une question secondaire dans notre société. Elle est la mère de toutes les batailles. Quand la nature ne jouera plus son rôle, quand le dérèglement climatique tournera à la catastrophe, les autres questions de société seront plus insolubles encore.

Un seul chiffre : aujourd’hui, le quart de la flore de Rhône-Alpes est menacée.

Il est donc urgent de laisser aux organisations environnementales les moyens d’assurer leurs missions. Parmi celles-ci, la mission de communication joue un rôle de premier plan. Si on n’accompagne pas la prise de conscience de la société entière et si on ne fait pas évoluer les comportements, comment parviendra-t-on à éviter la catastrophe ?

 

Nicolas Gauthy

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Depuis 15 ans, les problématiques des collectivités et celles des ONG sont ma partition favorite. Maïeuticien, je vous conseille pour faire naître les messages qui vous ressemblent. Architecte, je conçois vos projets éditoriaux et vos dispositifs de communication. Journaliste, je rédige des textes et je tourne des vidéos qui ne mâchent pas leurs mots. Contact : 06 89 43 86 01 En savoir plus : http://www.fait-et-cause.fr