Élections régionales : les associations ont-elles du souci à se faire ?

Coopération internationale, économie sociale, politique de la Ville ou agriculture durable seront-elles toujours soutenues ?

Dans beaucoup de conseils d’administration, on s’interroge. Les élections régionales auront lieu à la fin de l’année, avec une forte probabilité d’alternance. Le risque : voir remises en cause des politiques de soutien que les régions Rhône-Alpes et Auvergne, à gauche depuis 2004, menaient depuis plus de dix ans.

logosregionalesAinsi, bien des associations et des collectivités locales qui dépendent des subsides de la Région ont du souci à se faire, notamment sur des thématiques comme la coopération internationale, l’économie sociale, la politique de la Ville ou l’agriculture durable.

En effet, durant les assemblées de ce mandat, les élus d’opposition ont eu par rapport à ces thèmes des réactions qui variaient d’un soutien très circonspect à une franche opposition.

On peut donc craindre que, dans le cas de ce qu’on appelle une «alternance» à la Région, l’encouragement à ces secteurs d’activité soit au mieux réorienté, au pire abandonné. Bien souvent, ce manque de soutien est avant tout affaire de perception et de marquage politique.

Des objets politiques

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Rouge, vert, bleu, brun… Les politiques sont-ils vraiment tous les mêmes ?

Certes, ces thèmes ne sont pas en eux-mêmes de droite ni de gauche. Seulement, en s’en saisissant, les élus PS, écologistes ou Front de Gauche en ont fait des objets politiques.

Des exemples ? Chez EELV, l’agriculture biologique préfigure « la transition écologique de l’agriculture ». Au Front de Gauche, l’ESS est un outil pour « l’appropriation sociale des moyens de production ». Quant à la politique de la ville, pour le PS, elle cherche à résoudre la « ségrégation territoriale ».

On ne peut bien sûr pas reprocher aux partis de faire de la politique et d’inscrire leur action dans une vision d’ensemble. Cependant, pour les organisations d’intérêt public, l’enjeu est de pérenniser leur action sur le long terme, quel que soit le sens du vent politique.

Pour cela, à mon avis, elles doivent s’atteler à trois chantiers.

  1. Prouver que leur action mobilise de nombreux citoyens d’horizons variés, et qu’elle a un fort impact sur le terrain.
  2. Démontrer qu’elles ne sont pas réductibles à un cadre idéologique unique.
  3. Prendre langue avec des responsables politiques d’horizons variés et diversifier leur carnet d’adresses.

Des campagnes de mobilisation

bannieres022_T1Les amaps d’Île-de-France ont compris très tôt le problème. Elles ont mis le paquet sur une campagne de mobilisation d’ampleur afin de démontrer la vitalité sociale des amaps, leur impact, et de plaider pour une agriculture plus durable.

Depuis six mois, permanents et militants ont emmené toutes les têtes de listes en visite sur des fermes. Ils leur ont fait signer des engagements concrets. Le réseau a ainsi obtenu une reconnaissance des pouvoirs publics qui pourra leur faciliter l’accès aux financements dans les années qui viennent.

De son côté, Fait&Cause accompagne actuellement une grande institution régionale afin de démontrer la pertinence de son secteur pour le développement économique et social des territoires. Des arguments auquel aucun politique ne peut être insensible.

 

Nicolas Gauthy

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Depuis 15 ans, les problématiques des collectivités et celles des ONG sont ma partition favorite. Maïeuticien, je vous conseille pour faire naître les messages qui vous ressemblent. Architecte, je conçois vos projets éditoriaux et vos dispositifs de communication. Journaliste, je rédige des textes et je tourne des vidéos qui ne mâchent pas leurs mots. Contact : 06 89 43 86 01 En savoir plus : http://www.fait-et-cause.fr